vendredi 1 mai 2015

The Servant - Envoûtant

À Londres, Tony, un jeune aristocrate paresseux emménage dans une confortable maison de ville, il engage Barrett comme domestique. 
Ce dernier se révèle être un valet modèle, travailleur et intelligent. 
Une certaine complicité s'établit peu à peu mais rapidement les rôles s'inversent et le maître se retrouve l'esclave de son serviteur. 


 
Voilà une pièce qui soigne bien son atmosphère : Londres, les années 50, on s'y croirait. Décor, musique et costumes viennent créer une ambiance subtile, invitant presque le spectateur à se glisser dans un bon fauteuil en cuir avec un verre de scotch... 


Qu'à cela ne tienne, l'intrigue qui se joue sous nos yeux vaut bien le détour et l'on reste fasciné par la lente progression de ce huis clos passionnant. 
Chacun joue sa partition avec brio, sans esbrouffe, laissant toute la place au drame sournois qui se joue sous nos yeux.

Maxime d'Aboville, magistral Barrett, confirme son immense talent dans ce rôle complexe, toute en retenue anglaise et violence contenue. Sa performance captivante lui a d'ailleurs valu le Molière du meilleur comédien dans un spectacle du théâtre privé, récompense amplement méritée.
 
Roxane Bret (Vera et Kelly), naïve puis vénéneuse à souhait vient compléter ce duo maléfique, face auquel Xavier Laffite (Tony) n'a aucune chance, malgré les tentatives de sauvetage de ses amis Alexie Ribes (Sally) et Adrien Melin (Richard).




Courez donc voir cette pièce subtile et intelligente qui, comme son personnage principal, vous envoûtera malgré vous.


Auteur : Robin Maugham
Artistes : Maxime D'Aboville, Xavier Lafitte, Alexie Ribes, Adrien Melin, Roxane Bret
Metteur en scène : Thierry Harcourt

Du mardi au samedi à 19h, 
Dimanche à 17h30
Réservations ici ou

jeudi 12 mars 2015

Dans la peau de Cyrano - droit au coeur


Colin entre en 6ème dans un nouvel établissement.
Pas facile de passer du monde de l’enfance à celui des grands, surtout quand on est « différent ». La route est semée d’embûches…
Mais une rencontre déterminante avec un professeur de théâtre, figure paternelle et bienveillante, guidera ses pas vers un nouvel essor, comme une seconde naissance. 

Le Théâtre des Béliers Parisiens vous fait un précieux cadeau en accueillant ce spectacle.

 

Précieux, c'est le mot : un comédien seul en scène (Nicolas Devort, bouleversant) va vous raconter l'histoire de Colin, en incarner tous les personnages, et vous faire traverser une foule d'émotions avec... rien. Son corps, sa présence, sa générosité, et parfois une chaise ou une guitare. Une simplicité désarmante.

 

On parle parfois de "tour de force" : ici tout est fait avec douceur, avec précision, la petite musique de Colin m'est restée dans le coeur depuis que je l'ai découvert en Avignon l'été dernier. 

 

L'affiche dit "tout public à partir de 7 ans" : permettez-moi d'insister sur le TOUT public. Il ne s'agit en rien d'un spectacle dédié uniquement aux enfants, et je suis encore toute étonnée et émue de ce que cette histoire a pu trouver comme écho en moi, qui ai depuis longtemps rangé mon cartable. Je vous invite donc à y aller, même si vous n'avez pas d'enfant pour vous accompagner! 

 

Attention, c'est tous les dimanches à 15h30 du 15 mars au 19 avril : dépêchez-vous donc de réserver votre place, c'est à ne pas manquer!

 

Infos et réservation ici 

Places à tarif réduit  et critiques spectacteurs

Compagnie Qui va piano


jeudi 5 mars 2015

Les amoureux de Marivaux - drôle et décalé!

De l'oeuvre de Marivaux, une sélection des plus belles scènes d'amoureux, ponctuée de chansons françaises, de Gainsbourg, Polnareff, Sylvie Vartan...
 
Quatre comédiens jouent quinze personnages, se transforment, dansent, chantent et offrent une lecture originale des pièces de Marivaux sur une mise en scène de Shirley et Dino.

Voilà un spectacle qui ne manque pas d'air, d'énergie, et de culot!
Les bien-nommés "Mauvais élèves" revisitent cinq pièces de Marivaux et dépoussièrent les classiques atermoiements amoureux avec une énergie et un humour contagieux!
On est loin des cancres du fond de la classe : de leur frustration en cours de théâtre (trop) classique ils ont créé un petit bijou qui vient vous réveiller les neurones et les zygomatiques en osant des relectures tout bonnement hilarantes.
C'est fait avec un naturel désarmant et un plaisir évident : impossible de ne pas embarquer avec ces 4 énergumènes qui jouent, dansent et chantent a capella avec brio!
Nul besoin de décors alambiqués, la mise en scène de Shirley et Dino, acidulée et rigolote, met en valeur les comédiens et le Petit Poche est l'écrin idéal pour les découvrir de près. 
Dernière annoncée le 14 mars, au vu du succès 5 dates exceptionnelles ont été ajoutées les 17, 19, 20, 24 et 27 mars à 19h.
Dépêchez-vous donc pour les vitamines c'est mieux que le jus d'orange ou le Guronsan!
Allez-y à plusieurs : hier soir il y avait de tout dans la salle, de l'enfant jusqu'au retraité, et tous sont sortis avec la banane!

  
Du 06 JANVIER AU 14 MARS 2015 - 19h du mardi au samedi, 17h30 dimanche
Prix des places : Plein tarif 24€ / Tarif réduit 18€ / Tarif jeunes -26 ans 10€

lundi 2 mars 2015

Lorenzaccio - sacrée fresque!

Aujourd’hui, on dirait de lui qu’il est un « infiltré » parce qu’il mène une double vie, celle de Lorenzo, surnommé par sa mère Lorenzino, le pur et le généreux qui a décidé de se dévouer à la liberté; et celle du débauché, du corrompu, qui mérite le surnom méprisant de Lorenzaccio dont l’affublent les Florentins.
La pièce de Musset, qui noue plusieurs intrigues parallèles, s’articule autour de ce double jeu. L’histoire se passe en 1537. Florence vit sous le joug d’une brute sanguinaire, le duc Alexandre, bâtard des Médicis. Son cousin Lorenzo passe pour son compagnon de luxure, poltron et sans scrupules. Un trompe-l’œil où le héros lui-même finira par se perdre. 

Lorenzaccio de Musset est une pièce fleuve, à tiroirs, à intrigues, on n'est pas loin de House of Cards chez les Médicis. Comme quoi nos (anti-)héros modernes n'inventent rien.
Sacrée fresque, sacré texte, il fallait le courage d'un metteur en scène exigeant,
"porteur du théâtre de texte et de langue", pour adapter ce fleuron du drame romantique français. Gérald Garutti s'y colle, et avec une troupe de 30 comédiens (dont 13 amateurs pour le choeur).
 
Culotté, car le texte est loin d'être facile: j'avoue je mets un peu de temps à "rentrer" dans la pièce : pour la simple et bonne raison que j'y vais sans avoir vraiment révisé l'histoire avant... vous voilà prévenus!

Là où réside l'intelligence et la beauté de ce spectacle, outre le talent indéniable de ses interprètes (j'y reviens), c'est dans la scénographie : Garutti s'attaque à un sacré morceau, et opte donc pour un cadre tout simple : un plateau vide délimité en carré par des draps suspendus. D'où surgiront à l'envie comédiens, choeurs, éléments de décor discrets et, souvent, de grandes bandes de tissu (drapeau/bannière jaune, soie bleue...) qui serviront autant d'élément de décor que de transition entre les scènes, ou encore de costume. 
C'est d'une fluidité remarquable, apportant légèreté et poésie aux transitions entre les scènes.

Autre association brillante : la musique. Elle est à la fois discrète et sait se faire indispensable dans les scènes dramatiques (dont la dernière, tableau frappant).
 
La distribution, enfin : il fallait des comédiens de taille pour relever ce défi et rendre la pièce intelligible, haletante, inexorable. 
C'est chose faite avec entre autres Stanislas Roquette (Lorenzaccio), Olivier Constant (Cardinal Cibo) et Claude-Bernard Pérot (Philippe Strozzi), sacrés passeurs du texte de Musset.
 
Avec une trentaine de comédiens sur scène, sur une pièce fleuve, la gageure est relevée et donne envie de voir plus souvent de ce théâtre engagé, de troupe, qui donne à voir et à réfléchir.

La pièce, créée au Théâtre Montansier en février dernier, sera de passage au Théâtre de Suresnes du 6 au 8 mars, puis à la Criée de Marseille du 2 au 4 avril 2015.

 
 


lundi 9 février 2015

André Sauvé - l'humour sans frontières


J'ai découvert André Sauvé lors de son passage à Paris au printemps dernier, pour 3 représentations au Théâtre de Dix Heures.

J'y allais pour découvrir un humoriste québécois très connu chez lui (deux spectacles  et plus de 350 000 billets vendus au Québec,  lauréat 2014 du prix du Spectacle de l’humour de l’année) mais peu/pas en France.

Et là, belle surprise, l'artiste ne ressemble à personne, et vous embarque directement dans ses interrogations méta-humoristico-existentielles avec une énergie et une finesse communicatives!



Voilà donc un one man show déjanté et original qui démontre bien (s'il c'était encore à prouver) que l'humour québécois ne connaît pas de frontières, et que nous avons décidément beaucoup en commun avec nos cousins d'outre-atlantique.


Un spectacle hilarant ET intelligent que je vous recommande donc chaudement, taberouette!

Dépêchez-vous, il revient pour 2 dates exceptionnelles uniquement, les 17 et 18 mars à 20h30 au Théâtre de Dix Heures.

Réservez ici.

36 Bd de Clichy
75018 Paris
Métro : Pigalle 

mercredi 4 février 2015

L'Expérience inédite - folie douce

"L'Expérience inédite" c'est une histoire musicale entièrement improvisée.
Un tableau, un piano, quelques percussions... et la scène : une page blanche. Personne ne sait ce qui va s'y écrire.
Tout ce qui va naître sous vos yeux et vos oreilles viendra de vous ! Absolument tout.
Un spectacle unique. Dans tous les sens du terme.


Je vous avais déjà parlé de Raphaël Callandreau en novembre dernier, au sujet de Naturellement belle, petit bijou de théâtre musical.

 Et bien cet interprète auteur compositeur revient avec un nouveau spectacle épatant : il improvisera tout, seul, sur la base de vos idées.
Tout, ça veut dire l'histoire, le narrateur, les personnages, la musique et les paroles!
Vous avez bien lu. TOUT. SEUL.

Ce qu'il faut de courage, d'inconscience ou de folie pour se lancer ce défi et le relever avec brio, je ne sais pas. Je suis improvisatrice depuis dix ans et je suis redevenue, l'espace de ce conte musical, une spectatrice ébahie et envoûtée.
C'est sincère, drôle, gentiment tordu, une petite musique magique qui vous emmène là où personne n'est encore allé, et dont vous serez les seuls, spectateurs du jour, à garder un souvenir.

Cette Expérience inédite vaut bien qu'on la tente : laissez-vous emmener, laissez-vous surprendre.
Plus que 4 dates...


Mercredi 11 février à 20h30 (durée 1h15... avec des surprises!)
au Théâtre XII, 6 av. Maurice Ravel, 12e arrondt
M° : Porte de Vincennes ou Porte dorée, Tramway 3A - Montempoivre
Tarif : 10€ (plein), 8€ (réduit) - Réservations : 01 44 75 60 31
 --- ET ---
Les dimanches 8 février, 1er et 8 mars 2015 à 17h (durée 1h) 
à la Comédie des 3 Bornes, 32 rue des trois-bornes, dans le 11e arrt de Paris
M° : Parmentier, Goncourt ou Couronnes
Tarif : 12€ - Réservations

jeudi 22 janvier 2015

Royale Légende - hors du temps

Royale Légende, c'est l'Histoire d'une correspondance qui n'a jamais existé entre Marie-Antoinette et le chevalier d'Eon. 
Vingt ans d'une amitié fidèle, en quelques lettres, depuis les premiers pas de "l'autrichienne" sur le sol français, jusqu'à ses derniers pas sur l'échafaud, un regard décalé sur un monde qui s'écroule, une divagation pétillante de l'Histoire.
Qu’est-ce qui unit si fort le redoutable chevalier excentrique et la reine grave et frivole ?
Une certaine ambivalence, le large fossé entre la croûte et le cœur, un même destin de paria, tantôt couverts d’or, tantôt de haine, l’incapacité à vivre la vie d’une femme libre... tout simplement.
Dans « Royale Légende », les années qui précèdent la révolution française s’observent par le trou de la serrure, depuis l’intimité de deux témoins perdus dans un costume qui ne leur va pas.

J'ai eu la chance de découvrir ce spectacle lors de son (trop!) court passage au Lucernaire l'été dernier.
J'en écrivais :
"Captivée, émue et conquise : Royale Legende, bijou de pièce dans l'écrin du Lucernaire, c'est seulement jusqu'au 8 juin. 
Allez donc vous régaler les yeux (magnifiques costumes de Magali Segouin et Axel Boursier), les oreilles et le coeur! 
Merci à toute l'équipe pour cette soirée suspendue. "
Un an plus tard, je garde le souvenir d'un duo d'une grande justesse suscitant une émotion palpable.
 
C'est donc avec une grande joie que je vous recommande d'aller découvrir ce bijou au Festival Off d'Avignon 2015, tous les jours à 11h au Théâtre du Petit Louvre. 
Ne réfléchissez pas, allez-y!

Plus d'infos ici